Épopée Napoléonienne : La réussite de Bérézina

 

Il fallait bien un Sylvain Tesson pour faire de la Bérézina un succès. C’est à l’occasion de la sortie d’une version illustrée de cet ouvrage de près de 100 photographies de Thomas Goisque que nous nous replongeons dans cette trépidante aventure.

Ce livre, c’est tout d’abord l’histoire d’une folle expédition que notre auteur à l’âme russe entreprend en 2012 avec quatre amis dans le but de commémorer le bicentenaire de la Retraite de Russie : Moscou-Paris à bord d’un side-car, soit les 4000 km qui retracent la chute de la Grande Armée. Kilomètres à travers l’hiver glacé russe que Sylvain Tesson embrasse pour rendre hommage à cette épopée.

© Thomas Goisque

Pourquoi ce périple ? Sylvain Tesson est de ces hommes qui regardent le passé avec un œil passionné mais qui tente surtout de le comprendre… Il pose un regard très compatissant sur ces milliers d’hommes qui ont vu se refermer sur eux les dents acérées de cet hiver 1812. Ce voyage en side-car en plein hiver n’est pas un voyage de plaisance, c’est un voyage-hommage, une remise en condition de cette meurtrière retraite. Il se fait à son tour mordre par le froid russe qui tua tant de soldats.

La déchéance de cette armée « devant qui l’univers avait fui » comme le dit Hugo, disloquée et misérable, acculée à l’anthropophagie, nous apparait glorieuse. Oui, glorieuse, en dépit de tout, à travers les mots de Tesson qui brandit pour elle le drapeau du courage et de la vertu dont elle fit preuve. C’est une leçon d’honneur que nous retrouvons à travers ces lignes. Cet honneur qui faisait vibrer les hommes de Napoléon qui avaient fait leur son rêve de grandeur. Ce qui fait de ce livre un ouvrage unique c’est cette admiration passionnelle que l’auteur éprouve pour l’Empereur, mais aussi cette façon de passer à tour de rôle du récit de la Retraite très bien documenté (Tesson s’appuie sur les mémoires de Caulaincourt notamment) au récit de son propre périple, alimenté de ses réflexions, lui homme du XXIième siècle, qui tente de trouver un sens à cette quête.

C’est avec une plume poétique et sûre que Tesson nous livre ce récit. Une plume hantée et guidée par les fantômes de ces soldats, les fantômes des rêves de Napoléon qui s’envolent dans cette campagne où souffle le vent, avec autant de rapidité que le fut sa fulgurante ascension.

Marion Cabaud

Bérézina de Sylvain Tesson
Illustré par T.Goisque, édition Gallimard 29,90e

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